Une annonce qui a mis le feu aux poudres
Le 25 septembre, le ministre responsable de Postes Canada, Joël Lightbound, a dévoilé une réforme radicale du service postal. Selon lui, l’entreprise publique fait face à une crise existentielle et doit réduire ses coûts de façon drastique.
Parmi les mesures annoncées :
- Fin progressive de la livraison à domicile pour environ 4 millions de foyers, remplacée par des boîtes postales communautaires.
- Réduction de la fréquence et allongement des délais : le courrier pourrait désormais prendre 3 à 7 jours au lieu de 3 à 4 pour être livré.
- Plus de flexibilité sur la norme des 5 jours/semaine, ce qui signifie la fin de la livraison quotidienne pour plusieurs secteurs.
- Fermetures possibles de bureaux ruraux, avec un programme d’adaptation annoncé pour les personnes vulnérables.
La grève nationale en réponse
Quelques heures à peine après cette annonce, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a déclenché une grève générale à l’échelle du pays.
Selon le syndicat, il s’agit d’une attaque contre le service postal public et contre les citoyens qui comptent sur un service universel. Des piquets de grève se sont rapidement installés devant les centres de tri et bureaux de poste, paralysant une bonne partie des opérations.
Pour le STTP, le gouvernement profite du contexte de négociations pour imposer un virage qui va affaiblir Postes Canada au détriment des communautés rurales, des aînés et des personnes à mobilité réduite.
Une lutte de visions
- Le gouvernement affirme que les renflouements constants ne sont pas une solution et que ces mesures sont nécessaires pour assurer la pérennité de Postes Canada.
- Le syndicat et plusieurs élus municipaux dénoncent une privatisation déguisée et craignent une perte de proximité pour des millions de Canadiens.
Cette confrontation place le service postal canadien à un carrefour historique : doit-il rester un service public universel, ou devenir une entreprise plus restreinte, axée sur la rentabilité ?
Un avenir incertain
La grève actuelle ne se limite donc pas à une question de conditions de travail, mais à l’avenir même du service postal au Canada.
Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si un compromis peut être trouvé ou si Postes Canada s’engagera vers un modèle où la livraison quotidienne à domicile ne sera plus qu’un souvenir.
