Infographie sur les 3 soumissions en copropriété montrant qu’une bonne décision repose sur l’analyse du contenu, de la qualité et des garanties, et non uniquement sur le prix.

3 soumissions en copropriété : bonne pratique… ou mauvaise habitude ?

Dans la gestion d’un syndicat de copropriété, il est presque automatique d’entendre :
👉 “Il faut absolument avoir 3 soumissions.”

Cette règle est devenue, avec le temps, un symbole de transparence et de bonne gestion.
Et dans plusieurs cas, elle est effectivement pertinente.

Mais est-elle toujours adaptée ?
Et surtout… est-elle bien utilisée ?

Parce que dans la réalité, cette pratique peut parfois créer l’effet inverse de celui recherché.


L’objectif initial : une excellente intention

À la base, demander trois soumissions vise à :

  • comparer les prix
  • éviter les abus
  • assurer une saine gouvernance
  • démontrer une gestion rigoureuse

Sur papier, c’est irréprochable.

Mais en pratique, ce principe est souvent appliqué de façon automatique, sans réflexion stratégique.


Le problème : comparer l’incomparable

L’une des erreurs les plus fréquentes est de croire que trois soumissions permettent automatiquement une comparaison juste.

Or, dans la majorité des cas :

  • les devis ne sont pas identiques
  • les matériaux proposés diffèrent
  • les méthodes d’exécution varient
  • les garanties ne sont pas équivalentes

👉 Résultat : on compare des offres qui ne répondent pas aux mêmes standards.

Et pourtant… la décision est souvent prise uniquement sur le prix.


Quand le prix devient le seul critère

Lorsque l’objectif implicite devient de choisir le plus bas soumissionnaire, plusieurs dérives apparaissent :

1. Des soumissions “optimisées pour gagner”

Certains entrepreneurs ajustent leur proposition pour être les moins chers :

  • exclusions importantes
  • qualité réduite
  • portée des travaux minimale

2. Une illusion d’économie

Le prix initial est plus bas…
mais les coûts réels apparaissent plus tard :

  • correctifs
  • ajouts
  • travaux complémentaires

3. Une responsabilité mal transférée

Le syndicat croit avoir “bien fait les choses” parce qu’il a trois prix…
mais la décision reste basée sur une analyse incomplète.


L’effet pervers : attirer les mauvais fournisseurs

Avec le temps, les syndicats qui fonctionnent uniquement au plus bas prix créent une dynamique bien connue :

  • Les bons fournisseurs se retirent
  • Les entrepreneurs expérimentés évitent de soumissionner
  • Les soumissions deviennent de moins en moins qualitatives

👉 Pourquoi ?

Parce que les fournisseurs sérieux savent que :

  • leur qualité ne sera pas valorisée
  • leur prix ne sera pas compétitif face à des offres “coupées”
  • le risque est trop élevé

Résultat : le syndicat se retrouve avec un bassin de fournisseurs… de moins en moins fiables.


Une perte de temps et d’efficacité

Exiger trois soumissions pour tout, sans distinction, peut aussi entraîner :

  • des délais inutiles
  • des décisions retardées
  • des travaux urgents qui attendent
  • une surcharge administrative

Dans certains cas, le coût indirect de cette rigidité dépasse largement les économies recherchées.


Quand les 3 soumissions sont réellement pertinentes

Soyons clairs : les trois soumissions restent un excellent outil… lorsqu’elles sont bien utilisées.

Elles sont particulièrement pertinentes pour :

  • des travaux majeurs
  • des projets structurants
  • des contrats importants
  • des situations où les devis sont clairement définis

👉 À condition que les soumissions soient comparables.


Comment bien utiliser les appels d’offres en copropriété

Une approche plus stratégique consiste à :

1. Standardiser les devis

S’assurer que tous les soumissionnaires répondent au même besoin.

2. Analyser le contenu, pas seulement le prix

Comparer :

  • la portée réelle
  • la qualité des matériaux
  • les garanties
  • l’expérience du fournisseur

3. Privilégier la valeur globale

Le meilleur choix n’est pas le moins cher…
c’est celui qui offre le meilleur équilibre entre coût, qualité et durabilité.

4. Adapter l’approche selon le projet

  • Intervention mineure → 1 ou 2 soumissions peuvent suffire
  • Projet majeur → appel d’offres structuré

5. Développer des relations avec des fournisseurs fiables

Un bon partenaire vaut souvent plus que trois soumissions médiocres.


Le rôle clé du gestionnaire

Un gestionnaire de copropriété expérimenté ne se contente pas de demander trois prix.

Il :

  • structure les appels d’offres
  • s’assure que les soumissions sont comparables
  • identifie les risques
  • recommande des fournisseurs éprouvés
  • guide le conseil dans la prise de décision

👉 Autrement dit, il transforme une simple démarche administrative… en véritable outil stratégique.


Conclusion : une bonne pratique… mal utilisée

Les trois soumissions ne sont pas le problème.

C’est leur utilisation mécanique, sans analyse, qui crée des décisions inefficaces.

En copropriété, la question ne devrait pas être :
👉 “Avons-nous trois prix ?”

Mais plutôt :
👉 “Avons-nous une vision claire pour prendre la meilleure décision ?”

Parce qu’au final, une bonne gestion ne consiste pas à suivre une règle…
mais à comprendre pourquoi elle existe — et quand l’appliquer intelligemment.

Marc-André Hardy-Dussault

Après une carrière de 12 ans comme répartiteur au 911, il m’a été donné de goûter à la gestion de copropriété. J’ai rapidement pris goût à ce nouveau défi au point de lancer ma propre entreprise dans le domaine. Depuis 2019, j’offre donc mes services de gestionnaire aux syndicats des Laurentides. Comme je ne fais pas partie d’un grand groupe qui a des bureaux et de nombreux employés à supporter, il m’est possible d’offrir des tarifs très abordables aux petits et moyens syndicats de copropriété. N’hésitez pas à me contacter pour un devis gratuit et sans engagement de votre part.
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